mercredi 5 décembre 2007
Les plastiques entièrement recyclables ne sont pas une utopie pour l'industrie nautique.
« Dès la prochaine Transquadra, je souhaite que mon bateau intègre des éléments recyclables à base de lin » confiait lundi la navigatrice-journaliste Catherine Chabaud sur le stand du chantier Plasmor. Avec son projet Reporter Bleu, elle est, en effet, une sorte de marraine pour le projet Nav-Eco-Mat qui réunit le constructeur de kayaks et bateaux de randonnée, l'Université de Bretagne-Sud à Lorient, un industriel du lin, l'Ifremer et l'architecte Jean-Marie Finot. Le pari: faire un plastique résistant au moins 30 ou 40 ans à l'eau de mer, mais totalement biodégradable en fin de vie. Pour remplacer la fibre de verre qui rend le polyester résistant (mais difficile à recycler), on pense au lin, mais on pourrait aussi travailler le chanvre ou l'ortie. Il sera plus difficile de se passer de résine à base d'hydrocarbures mais l'amidon des pommes de terre pourrait un jour faire l'affaire, confie Yves Grohens qui travaille à la fac de Lorient avec le labo de Christophe Bailey sur le sujet.
Un bilan environnemental
On ne rêve pas puisque Plasmor expose déjà à Paris, un siège de kayak brun en fibre végétale et teste un kayak entièrement en lin depuis un an. Il y a bien quelques problèmes de bulles dans la résine. Mais on approche du but. Plasmor aimerait mettre jusqu'à 30% de fibres de lin dans ses produits dès 2008. On est certes encore loin du bateau entier, mais le Pôle mer Bretagne vient de labelliser ce projet il y a deux semaines ce qui lui donne accès à plusieurs centaines de milliers d'euros d'aides publiques. Les choses pourraient donc aller maintenant assez vite. Le problème sera d'abord de mettre en route un procédé industriel de fabrication de fibres longues adaptées à la construction navale: les fibres de lin dont on fait les chemises ne conviennent pas.
Et puis, les chercheurs, tout comme Catherine Chabaud ont souci de ne pas déplacer la pollution. Un bilan d'impact écologique permettra par exemple de mesurer les inconvénients pour l'environnement si l'on dope la culture du lin avec des engrais et pesticides. L'idéal serait de produire un lin bio. De même, le chanvre a été provisoirement écarté, car pour extraire les fibres, il faut procéder au rouissage (traitement à l'eau) qui libère des substances polluantes de la plante. Une technique certes traditionnelle qui n'est pas pour autant 100% écolo.
Raymond COSQUÉRIC.
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