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vendredi 21 mars 2008
Artemis a fait ses adieux aux Sables-d'Olonne
Échoué sur la grande plage vendéenne depuis la tempête du 10 mars, le cargo néerlandais de 88 m a été tiré, hier après-midi. La fin d'un feuilleton qui a passionné les foules.
Le feuilleton Artemis, qui a tant fait parler des Sables-d'Olonne depuis deux semaines, a pris fin hier après-midi. Une conclusion prématurée, tant il paraissait plus opportun de tenter le coup aujourd'hui ou demain samedi, jours aux coefficients de marée plus proches de ce qu'il était le jour de l'échouement, lundi 10 mars.
« Nous étions sûrs de le sortir le 7 avril (jour à très fort coefficient), expliquait, hier, le préfet maritime de l'Atlantique, Xavier Rolin. Mais nous avions ce créneau entre ce jeudi après-midi et samedi matin. Le problème, c'est que le coup de vent prévu dans la nuit de jeudi à vendredi risquait de faire monter le bateau plus haut sur la plage. Et vendredi, les vents étaient mal orientés. »
Hier soir, le responsable des Abeilles devait présenter son plan de sauvetage aux autorités. À 13 h, il appelle le préfet maritime : la fenêtre météo de l'après-midi paraît favorable mais il faut faire vite. Il lui envoie son plan par courriel. Le préfet donne son feu vert et saute dans un avion pour se rendre aux Sables-d'Olonne.
Baignoire creusée par des pelleteuses
« Nous voulions faire descendre l'Abeille-Bourbon de Brest pour prendre le maximum de garanties. Nous avions prévu deux cents tonnes de traction supplémentaires », précise-t-il. Avec les 160 tonnes de l'Abeille-Languedoc, déjà sur place, l'affaire paraissait entendue. L'Alcyon, arrivé le matin sur zone pour préparer le dispositif, suffira. D'autant que l'intervention a été bien préparée. Une grande baignoire a été creusée par des pelleteuses à tribord du cargo. Elle aura son importance.
Sous les vivats de la foule
Autant les trois tentatives précédentes, faites dans l'urgence, avaient paru compliquées, autant la quatrième s'est faite en douceur. Pratiquement sans effort apparent. Le préfet maritime acquiesçait : « Nous n'avons eu besoin que de 45 % des 160 tonnes de puissance du remorqueur. »
Vers 15 h 30, la proue de l'Artemis a commencé à pivoter vers la droite sous la traction de l'Abeille-Languedoc. Pendant ce temps, l'Alcyon maintenait la poupe du cargo. Le bateau a glissé dans la « baignoire » et s'est retrouvé en situation de flottabilité. Il n'a plus eu qu'à mettre machine avant et a fait ses adieux à sa prison de sable par un retentissant coup de sirène, sous les vivats de la foule maintenue à l'écart.
L'Artemis, remorqué par l'Abeille-Languedoc, a fait route vers le port de La Rochelle, où il subira une inspection avant de reprendre le cours normal de ses activités.
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