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lundi 14 avril 2008
Bugaled : le sous-marin remonte à la surface
Les juges d'instruction estiment qu'un sous-marin est, très probablement, à l'origine du naufrage du chalutier, en 2004. L'identifier ne sera pas facile.
Les parties civiles en sont convaincues depuis longtemps. Pour la première fois, la justice envisage sérieusement l'hypothèse d'un sous-marin se prenant dans les câbles du chalut du Bugaled-Breizh.
Quatre ans après le naufrage du chalutier de Loctudy - il a sombré le 15 janvier 2004 avec son équipage de cinq hommes - les deux juges d'instruction quimpérois, Murielle Corre et Richard Foltzer, écrivent dans une note que c'est désormais « l'hypothèse la plus sérieuse en l'état du dossier ». La note résumant l'affaire a été adressée à Eurojust, l'organisme de coopération judiciaire européen.
Pourquoi un sous-marin ? En quatre ans, les juges ont ordonné de nombreuses études, sur le bateau, son train de pêche (l'ensemble qui comprend le chalut et les câbles qui le tirent). Ils ont nommé plusieurs experts, dont un ancien contre-amiral, Dominique Salles, spécialiste des sous-marins. Plusieurs éléments semblent accuser les submersibles : les câbles du chalut présentaient des traces de frottement et l'un d'entre eux a été retrouvé allongé de plus de 150 mètres par rapport à l'autre.
Au moment du naufrage, deux exercices militaires - l'un de l'Otan, l'autre britannique - se déroulaient ou allaient débuter. Soit un nombre important de bâtiments de guerre sur et sous l'eau.
D'autres causes au nau-frage ? En novembre 2006, le rapport du BEA-mer, le bureau d'enquête du ministère des Transports, avait provoqué un tollé. Pour ses experts, le naufrage est un accident de pêche dû à une « croche molle » (une partie du chalut se serait ensablée), aggravé par la houle et une porte arrière restée ouverte. Le bateau aurait embarqué assez de mer pour le déstabiliser. Anne Kayanakis, procureur de Quimper, n'exclut pas, elle non plus, un tel accident. L'expert en sous-marin lui-même affirme qu'il n'imagine pas un sous-marin allié commettre un délit de fuite. Quant à un sous-marin espion, « il serait suicidaire de se tapir en Manche », indique-t-il dans son rapport.
Comment identifier un submersible ? Si c'est bien un sous-marin qui est en cause, la question va être, maintenant, de l'identifier. Pour Christian Bergot, avocat des familles et du comité local des pêches, il reste beaucoup de zones d'ombre. « L'expert en sous-marin s'est rendu compte qu'il y avait bien plus de bâtiments en mer, ce jour-là, que ceux dont nous avions connaissance. » Certains noms ont déjà été évoqués, comme celui du sous-marin hollandais Dolfjin, qui était le plus près de la zone du naufrage.
Pour Christian Bergot, ce dernier n'est pas « lavé de tout soupçon, je suis assez étonné qu'il n'ait rien entendu ». L'avocat s'interroge également sur le Triumph, submersible anglais. « Les Anglais nous disent qu'ils ont égaré le livre de bord à cause d'une modification de leur système d'archivage ! »
Si aucun sous-marin n'est identifié, les parties civiles craignent que la justice rende un non-lieu.
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