Actualité

L'actualité des bateaux proposée par notre site c'est une information utile, actualisée, synthétique.

mercredi 13 février 2008

Jean-Pierre Dick : une volonté farouche


Barcelona Race. Vétérinaire de formation, promis à un bel avenir dans cette branche, Jean-Pierre Dick a pourtant basculé dans la course au large.


BARCELONE (de notre envoyé spécial). Barcelone, lundi soir. À 23 h 15, le ponton tangue, Jean-Pierre Dick chavire. « C'est le bonheur parfait. » Le Niçois (42 ans) retrouve le plancher des vaches. Avec un sourire d'enfant et des yeux rougis par les nuits sans sommeil, le sel et la fatigue. « Un bonheur difficile à décrire. On est fatigué de bonheur... »


A ses côtés, Damian Foxall, vieux routier des tours du monde (c'était son septième), regarde avec affection ce grand escogriffe (1,92 m) à la fraîcheur intacte. « Il incarne la force, la ténacité, une impatience parfois excessive aussi », raconte l'Irlandais présent aux côtés de Dick depuis l'origine du projet et la naissance de Paprec Virbac 2, le bateau, en Nouvelle-Zélande. Transat Jacques-Vabre en 2003 puis 2005, Barcelona World Race en 2008, le double lui sourit plus que de raison. Pas mal pour un régatier pur jus, grandi sur les bateaux paternels, et tombé dans la course au large, il y a six ans seulement.


Surnommé parfois à ses débuts et avec une pointe d'ironie le Baron Dick, Jean-Pierre est vétérinaire et semblait destiné à prendre la succession d'un père charismatique, fondateur du laboratoire Virbac, référence mondiale dans le secteur de la santé animale. Il a choisi une autre voie, moins balisée, plus aventureuse. Et l'assume plutôt bien.


« J'étais peut-être un chien fou mais, aujourd'hui, je me sens parfaitement intégré, mon cursus atypique n'intrigue plus. La mer met rarement en valeur tes points forts. Sur un tour du monde, il faut une volonté farouche. » Il faut souvent s'arracher, accepter de barrer 4 h sous spi léger dans des mers du sud balayées par des vents supérieurs à 30 noeuds. « Mais avec Damian, au bout de deux jours, on s'est dit qu'on allait gagner. On était intouchables. Enfin, le terme est un peu fort. Mais en mer, au contact de PRB notamment, on a pris confiance et conscience, on a vite eu des certitudes qu'on n'avait pas au port. » Ils valideront leur promesse au bout de 92 jours 8 h 49'49''.


Avec le discret Foxall, Jean-Pierre Dick étoffera son bagage de tour-du-mondiste. « Damian, c'est un grand Monsieur. En mer, il faut savoir accepter une cote mal taillée, savoir attendre et ne pas gaspiller son énergie en multipliant les manoeuvres. » Des petites leçons utiles avant le prochain Vendée Globe dans neuf mois. « Favori ? On verra. Je dispose d'un super bateau, mais il y a encore de nombreux domaines dans lesquels je dois progresser. »


Éric HORRENBERGER.


/-->
Plus d’annonces : Actualité - Immobilier - Automobile - Bonnes Affaires - Emploi-Formation - Maville - Locations de vacances - Annonces légales
Contact - Mentions légales - © Ouest-France Multimédia