mercredi 11 juin 2008
L'explorateur a posé son grand oiseau en alu hier soir au ponton de la base de sous-marins.
Lundi, il animera une conférence pour présenter sa nouvelle expédition autour du monde.
« Du vent dans le nez, pendant trois jours, sans faiblir depuis Barcelona, avec des rafales à 40 noeuds plein la gueule devant le Portugal. Et, là, on arrive à Lorient sous ce superbe soleil. La classe ! Qui a dit qu'il pleuvait tout le temps ici ? » Groix et le phare de Pen Men à tribord, Larmor et Port-Maria qui pointent à bâbord. À bord de Pangaea, 35 m, en alu, taillé pour les glaces comme pour le fleuve Amazone, Mike Horn déguste son atterrissage à la base de sous-marins. « C'est la première fois que je viens à Lorient par la mer. Génial ! », lâche-t-il, débordant d'énergie, malicieux et tout sourire.
À l'origine, l'explorateur sud-africain, demeurant en Suisse... quand il n'est pas par monts et par vaux, devait présenter sa prochaine expédition autour du monde, bord à quai à Paris. Un heureux contretemps du chantier naval brésilien, où son voilier de 35 m, en alu, taillé pour les glaces comme pour le fleuve Amazone, a été construit. Et voilà : c'est Lorient qui est choisi. Un bon cap pour Horn où l'attend « un ami de près de vingt ans », Vincent Borde, chargé de la communication des trimarans Groupama 2 et 3.
Rêves de gosse
Cette fois, Mike Horn, 42 ans, se lance dans un long périple de 100 000 km. Pendant quatre ans, à terre comme en mer, il va rendre visite aux sept continents, dont les deux pôles, pour montrer l'impact de l'homme sur l'écosystème mondial. « La planète est belle, rassure-t-il de son accent succulent. Mais on y a un p'tit peu mis le bordel. Il faut juste nettoyer, légèrement... »
Pangaea chalutera les détritus repérés à la surface et les compressera à bord. Le voilier transportera aussi des arbres pour replanter autant de bois qu'il a fallu raboter pour l'aménager.
Le bateau lui-même sera totalement recyclable. « L'alu ne perd pas son énergie. Pangeae sera découpé, s'il le faut. » Et ce moteur _ 2 x 600 ch _ qui fait un barouf d'enfer dans les courreaux bénits ? « C'est le plus écologique qui existe sur le marché. Et on finira, j'espère, par marcher à l'hydrogène. »
Mike Horn repartira de Lorient, le mardi 17 juin, après sa conférence publique du lundi soir. Mais, après une virée au Groënland, Pangaea reviendra à la BSM, frotter son nez à celui de son illustre congénère Tara, pour y subir un mois de toilettage, entre mi-juillet et mi-août. « Je sais qu'il y a toutes les entreprises qu'il faut à proximité pour préparer le bateau. »
Marins « bretons », sans embarquement, sachez que le capitaine Horn recrute encore. Les candidatures sont collectées sur : www.mikehorn.com. Les enfants, aussi, seront les bienvenus à bord. Même adresse Internet. Douze par continent seront sélectionnés et rejoindront cette circumnavigation unique.
« Cette expédition est avant tout un partage, résume Mike Horn. Gamin, je rêvais d'aller sur le bateau du commandant Cousteau. Pour voir la beauté de la planète. Éduquer les enfants à cette beauté, c'est préserver la Terre dès demain. »
Charles JOSSE, Ouest-France
Conférence publique. Mike Horn présentera son expédition lundi 16 juin. La conférence, ouverte à tous, aura lieu dans une salle du Cinéville. À 20 h, entrée libre.
Attention, le nombre de places est limité à environ 400. Pas de réservation.
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