mardi 1 juillet 2008
Vainqueur en 1992, 1998 et 2007, Michel Desjoyeaux connait parfaitement ce qui attend Élodie Riou sur la Solitaire Figaro. Analyse du professeur sur l'édition 2008 et sur les chances de sa protégée.
Vous avez dit que la Solitaire était « la course la plus dure à gagner »...
Le niveau sportif y est élevé. Par rapport à un Vendée Globe et dans le contexte de la monotypie, il manque la dimension technologique. Mais la quantité des compétiteurs sur l'eau et le format de l'épreuve compensent cette carence et font de la Solitaire une épreuve effectivement très difficile.
Quelles analyses faites-vous à l'aube de cette nouvelle édition ?
Les deux dernières étapes s'annoncent de longue durée, très délicates. Il ne sera pas question d'y adopter un rythme de large. Ce sont deux gros côtiers : l'exercice est beaucoup plus dur à proximité de la terre car il exige une vigilance de tous les instants. Sur le dernier parcours, une mauvaise gestion de la fatigue peut faire des gros dégâts.
Quels sont les enjeux pour un bizuth en Figaro ?
Il y a une vraie différence entre ceux qui connaissent les problématiques du solitaire, et ceux qui débutent. Sur l'eau, on se retrouve complètement livré à soi-même et chacun doit se débrouiller de tout, tout seul : des petits bobos, comme des grandes décisions. Il faut se gérer complètement, un peu comme un artisan. Pour devenir un bon artisan, cela demande beaucoup de travail et d'abnégation.
Quel premier conseil donneriez-vous à Élodie ?
D'accepter de ne pas viser l'excellence dans tous les domaines du jeu. De se faire plaisir et profiter de cette période d'apprentissage et de progression dans le vif de la compétition...
Source : Ouest-France - Yannick Le Tutour
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