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vendredi 12 décembre 2008
Nautic 2008 : le lin, matériau tendance de la plaisance
Nautic 2008. L'industrie automobile a ouvert la route en montant des accessoires en plastique écolo sur les voitures. La plaisance suit timidement la mode.
• Du lin dans la Gazelle des Sables. Sur cette jolie coque aux rondeurs bien féminines, la fibre de lin remplace sur certains modèles le traditionnel tissu de verre. La Gazelle est une réplique au 1/8e du thonier des Sables d'Olonne avec sa longue voûte à l'arrière et son cul pointu. « Le lin, c'est une façon de sensibiliser nos clients au respect de l'environnement », souligne Marie Besnié. Elle travaille aux côtés de son mari Patrick, aux « Ateliers de la Gazelles des Sables », à Mesquer, en presqu'île de Guérande. On redécouvre les vertus du lin comme éco-matériau. Henry Ford avait montré la voie en Amérique en équipant ses célèbres Ford T avec des capotes en fibres de lin. Plasmor, le constructeur de kayaks vannetais, développe l'utilisation de ce matériau en partenariat avec l'Université de Bretagne-Sud. La matière première pousse dans les champs du Nord, de Normandie et de Bretagne.
• Dériveur en lin et amidon de patate. Ce projet un peu fou est porté par le réseau Éconav et le pôle de compétitivité Mer Bretagne. Ils sont soutenus par le conseil régional de Bretagne et le département du Morbihan. La navigatrice Catherine Chabaud et l'architecte Jean-Marie Finot embarquent aussi dans l'aventure aux côtés du chantier Plasmor. Jean-Marie Finot dessinera le futur voilier familial de 4,50 mètres. La coque sera construite avec du tissu en fibre de lin imprégné d'une résine à base de farine d'amidon. Après 30 ans de carrière, le dériveur biodégradable sera recyclé sans souci, ce qui n'est hélas pas le cas avec les bateaux en plastique.
• Les poulies bio de Karven. L'équipementier basé à Honfleur en Haute-Normandie fabrique des petites poulies prototypes avec des granulés d'amidon mélangés avec de la fibre de lin. L'entreprise va lancer une « analyse de cycle de vie » sur cet accastillage écolo pour le comparer au même matériel à base de mylar et de fibre de verre. Pas sûr que la petite poulie bio soit moins costaude.
• Lin, chanvre, peau de banane et ortie... Le lin n'est pas la seule fibre naturelle pour fabriquer des coques de bateaux ou autres objets, flottants ou non. Les scientifiques en étudient beaucoup d'autres comme le chanvre, la peau de banane, les orties et la noix de coco. Les chercheurs d'Ifremer s'intéressent aussi à des fibres issues d'algues et à des polymères dérivés des bactéries des grands fonds. Il faudra de toute façon veiller à préserver la ressource. On n'imagine pas piller la nature pour construire des bateaux, même s'ils sont écolo.
• Un 40 pieds « vert » pour la route du Rhum. Régis Garcia s'alignera dans la prochaine transat avec un monocoque de 40 pieds avec une coque en « sandwich » lin et balsa, avec une résine classique en époxy. Son voilier sera radiographié après la course pour voir si la fibre de lin a tenu le choc. Le Canadien Gregg Colp est encore plus radical dans sa démarche. Il proposera en janvier 2009, un kayak « en résine à base d'huile de lin sans aucun solvant ni catalyseur chimique ». Le premier esquif 100 % bio.
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