mercredi 26 mars 2008
Servane Escoffier a pris goût à la course au large. À peine rentrée d'un tour du monde à deux, elle veut repartir en solo, ce qui, paradoxalement, reste un projet d'équipe.
Un comité de soutien présidé par Pierre-Luc Vogel vient de se constituer autour de la charmante Servane Escoffier. La jeune navigatrice de 26 ans prend de plus en plus d'assurance et d'expérience.
Quand la moitié des concurrents, et non des moindres, sont obligés de déclarer forfait pendant la toute récente Barcelona World Race, mais que la Malouine réussit à boucler son premier tour du monde en 108 jours, ce test essentiel lui donne envie d'en faire plus.
Et donc de s'attaquer à une autre épreuve que les marins surnomment respectueusement l'Éverest de la voile : le Vendée Globe car, c'est tout seul qu'il faut affronter le stress, le froid, la fatigue, les galères. Et elles sont nombreuses les galères, comme en témoigne un petit film retraçant les dernières navigations de Servane Escoffier. La jeune femme a beau être tombée dans la marmite familiale toute petite, le monde de la course n'a rien à voir avec une croisière d'agrément. Il faut une préparation physique et technique de très haut niveau, et un mental très fort pour surmonter les épreuves.
Trouver des sponsors
Servane Escoffier en a fait l'apprentissage à la vitesse grand V. Elle aime à rappeler qu'elle avait « seulement neuf ans quand elle a assisté sur le vieux gréement de papa, pour la première fois, à un départ de Route du Rhum : c'était en 1990, avec Florence Arthaud. » Depuis, la « gamine » s'est attaquée sans complexes à la Jacques-Vabre avec Bob en 2003, puis a disputé la saison match racing en 2004, une saison en Mumm 30 en 2004, et la Route du Rhum 2006, puis la Barcelona World Race. Sans compter une course du Figaro, avortée à la suite d'une collision avec un autre concurrent.
Petit à petit, Servane Escoffier s'est forgée un moral de battante. « J'ai beaucoup appris », confie-t-elle. Notamment sur « la force du groupe, la nécessité d'être entourée d'une équipe, et le plaisir de partager. »
« Une première victoire, c'est de pouvoir prendre le départ, » constate-t-elle. Sa dernière course s'est décidée en juillet pour un départ en novembre, à Barcelone. « Donc, cette fois, il n'est pas trop tard pour être prête aux Sables d'Olonne, le 9 novembre prochain. » Son monocoque de 60 pieds est on ne peut plus fiable : celui qu'avait Ellen Mac Erthur au Vendée Globe. Elle est qualifiée et bien préparée.
Maintenant, il faut réunir un budget de 1,6 million, hors communication. La somme inclut le changement de quille et de jeu de voiles, la décoration, l'équipe technique, l'inscription (20 000 €, remboursables le 30 juin si elle n'a pas trouvé de partenaires). La jeune Servane Escoffier bloquera cet argent sur un compte, et dans l'hypothèse où elle n'aurait pas assez, elle se rabattrait sur la Québec Saint-Malo, ou rembourserait ses premiers partenaires.
« Je serai la seule Française et la plus jeune de l'épreuve », indique-t-elle, à l'attention de ses futurs soutiens financiers. Ce ne sera donc pas du mécénat mais bien un investissement à retombées : voir par exemple l'investissement lourd et durable d'une entreprise comme Delta Dore sur le support de la voile.
Gérard LEBAILLY, Ouest-France
Servane parraine la régate des IUT
La quatrième édition de la « Régate des IUT- ouestfrance.emploi.com » aura lieu à Saint-Malo, du 18 au 20 avril, en partenariat avec la SNBSM.
« J'étais moi aussi encore étudiante il y a peu. Je sais combien ces événements sont enrichissants. S'engager sur une course, amateur ou professionnelle, c'est déjà en soi un projet d'entreprise. »