mercredi 7 mai 2008
Le coup d'envoi du dernier sprint à peine donné et voilà que Solarinox a déjà mis encore un peu de Sud dans sa route, pour rejoindre, sans doute, une latitude où l’alizé souffle à plein régime. Pour trouver de quoi faire la différence, quitte à perdre aujourd’hui quelques milles sur les 1350 qu’il reste à parcourir jusqu’à Saint-Barth…
Sur l’échiquier de l’Atlantique, la route de Solarinox étonne par sa singularité. Audacieuse, inspirée, la trajectoire de Ronan Guérin et Luc Poupon n’a jamais suivi les sentiers battus. A chaque passage délicat, le Figaro aux couleurs des énergies renouvelables n’en a pas moins pointé le bout de son étrave.
Toujours bien dans le coup, les deux complices du bord répondent de nouveau présents alors que le rythme de cette 9ème Transat AG2R s’accélère et s’intensifie. Les voilà de retour dans le top ten, parés à jouer pour le podium final. Mais fidèles à leur tempérament accrocheur, les marins de Solarinox attaquent de nouveau. Il reste 1350 milles à parcourir et voilà qu’ils inclinent leur sillage au Sud de la flotte. Affaire à suivre, forcément...
« On est bien là où on est, vous verrez ! », rigolait Ronan Guérin à l’heure de jouer à fond une option au Sud après le passage de Madère. L’horizon semblait bien bouché dans le Nord du plan d’eau et Solarinox a plongé. En éclaireur, il a ouvert la voie : celle des alizés, tellement désirée sur cette Transat AG2R servie par une météo complexe. Il faut alors oser, et surtout ne pas douter. Rares sont les bateaux à s’aventurer sur ces chemins détournés. Ils sont une petite poignée. Solarinox, SNEF-Cliptol Sport, Sojasun ou encore Concarneau-Saint Barth composent le « Système S » de la flotte… « S », comme « Système Sud ».
Tout comme prévu…
Le prix à payer a néanmoins de quoi susciter quelques craintes. Solarinox affichera en effet près de 500 milles de retard sur la tête de la flotte. Même pas peur ! « Vous verrez bien…» Le scénario écrit par les deux marins se déroule en effet comme prévu. Une fois encore, ils n’ont pas manqué de flair. On connaît aujourd’hui la suite. Tous les bateaux du Sud déboulent à fond sous spi vers l’arrivée. Dix bateaux, dont Solarinox, font parler l’écume à 10-12 nœuds de moyenne dans un flux de 25 nœuds. Ils sont à la lutte pour le podium final.
Opportunisme
Cette nouvelle trajectoire illustre les propos de Ronan au saut du départ de cette grande traversée : « Nous ne prendrons pas des risques inutiles. Nous serons opportunistes, quand ce sera nécessaire »
Parole de routier des océans ! A l’heure où, dans des conditions similaires, dix bateaux n’ont de cesse de s’épier, Antoine Koch à bord de Sopra Group réputé pour son esprit d’analyse, ne manque pas de souligner l’intérêt et la perspicacité de cette dernière option : « A mon sens, ceux qui sont vraiment bien positionnés, c'est Solarinox ».
Quelque chose nous dit - à l’instar de Jean Le Cam, qui par précaution à bord de Cercle Vert garde toujours l’oeil ouvert sur la route de Ronan et Luc – que nous pouvons avoir confiance. Qu’il faut attendre pour voir…
Source : agence Gallois (Photo : Ch Bresci / Ricochets 17)
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