Les choses se précisent sérieusement : le vainqueur de la Québec - Saint-Malo est attendu pour demain, si la météo favorable se maintient.
Après neuf journées de navigation, Franck-Yves Escoffier était pointé hier, à 13 h, à 700 milles de l'arrivée, avec une vitesse moyenne de 15 noeuds sur 24 heures, et une avance de 500 milles sur Pierre Antoine (Imagine) qui marchait à 12,6 noeuds de moyenne.
Derrière, Hervé Cléris et Pascal Quentin peuvent encore disputer la seconde place. Pendant ce temps, Laiterie de Saint-Malo réussit le tour de force de naviguer sans safran à une douzaine de noeuds de moyenne.
Le système météo favorise Crêpes Whaou qui continue de faire des pointes à 20 noeuds au vent portant et dans les vagues. À ce rythme-là, le bolide rouge pourrait rejoindre la Cité corsaire dans la journée de jeudi. Son arrivée devrait être triomphale, d'abord sur l'eau vers Banchenou, ensuite en franchissant la ligne au bout du Môle des Noires.
Loïc Escoffier (le fils, sur Laiterie de Saint Malo) : « Hier en fin d'après-midi, le vent a molli. Nous avons renvoyé de la toile. Nous réglons aussi l'angle du mât et nous gardons les écoutes pas trop bordées pour que le bateau ne soit pas trop ardent (1). Nous ne pensions pas que cela fonctionnerait si bien, mais ça marche ! C'est bon pour le moral. Nous progressons dans des vents portants ; ils doivent rester établis encore quelques jours d'après les fichiers météo.
Si nous parvenons à garder une bonne vitesse constante comme celle que nous avons tenue cette nuit (13-16 noeuds), nous ne devrions pas trop tarder. Pour l'heure, nous avons refusé le ravitaillement cargo. Quant au safran de secours, il n'est pas question de l'installer dans le vent et la mer que nous avons actuellement. Pour l'instant, nous barrons avec le winch de trinquette. »
Denis Douillez (Saint-Malo Team) : « Cela ne va pas trop mal. Nous avons rencontré des conditions un peu difficiles dans le détroit de Cabot : le vent tournait dans tous les sens. Puis nous avons eu un après-midi avec un vent super. Et il est retombé en approche de Saint-Pierre et Miquelon. Pétole et brume, on ne voit pas à 50 mètres. C'était un peu frustrant et ce d'autant plus que nous avons déjà rencontré des soucis. Nous avons relâché en Gaspésie pour réparer le rail de grand-voile et nous avons perdu trois jours. Nous avons retrouvé un bon rythme à présent, et tout va bien... »
(1) Un bateau ardent a tendance à se cabrer pour remonter au vent. Au contraire, un bateau ayant tendance à l'abattée est mou. La trinquette est une voile d'avant ; le winch est la manivelle permettant de tendre le cordage sur une sorte de moulin à café.
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