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vendredi 12 décembre 2008
Voile Vendée Globe : loin de Desjoyeaux, Stamm cavale aussi
Vendée Globe. Michel Desjoyeaux, revenu de très loin, a intégré la tête de course. Lesté d'un plus grand handicap, Bernard Stamm suit la trace.
Les pensées accompagnaient toutes, hier, Loïck Peyron, cap au Nord-Nord-Est, sous gréement de fortune. Sans avoir arrêté sa destination, le Baulois s'ouvre différentes portes, notamment celle d'un remorquage de son Gitana Eighty démâté par le Marion-Dufresne, bateau qui assure les liaisons avec les terres subantarctiques françaises, et qui croise dans les parages entre Crozet et Kerguelen.
Les regards s'ouvraient grand, aussi, sur le dernier pointage en vigueur. Lequel intègre désormais Michel Desjoyeaux dans un trio de tête cinglant vers le passage entre Kerguelen et île Heard, couronnement somptueux d'une chevauchée fantastique saluée par un premier iceberg grand comme un demi-terrain de football. Une cavalcade incroyable, qui en occulte celle de Bernard Stamm. Skipper pourtant tout aussi méritant dans sa folle course contre le temps perdu, mais encore trop en retrait pour exciter l'attention.
Et pourtant. Pourtant, le skipper de Cheminées Poujoulat avait lui aussi dû faire demi-tour au premier jour de course, son bout-dehors (pièce de carbone qui sert à arrimer les grandes voiles d'avant) mis en chou-fleur par l'abordage d'un cargo. Près de quatre jours et 950 milles de débours par rapport au gros de la flotte au moment de prendre un nouveau départ. Et une marche forcée pour recoller au peloton qui force le respect. Plus de deux jours refaits au passage du cap de Bonne Espérance, par la grâce d'une météo certes favorable, mais surtout d'une volonté farouche. De 1 401 milles le 16 novembre, le retard a fondu à moins de 600 milles aujourd'hui.
Jamais, face l'infortune de mer, Stamm ne s'est plaint. « Mon idée est de rejoindre les copains, devant, a-t-il toujours proclamé. Il n'y a pas de créneau de resserrement rapide pour l'instant, convenait-il hier, mais le gain se construit par étapes. » Toujours, il affiche belle humeur et confiance indéfectible.
Se régale-t-il, à l'instar de ses camarades de jeu, d'être entré dans les régions froides, là où il est à peine humain de poser une coque ? « Il y a pas mal de vent, entre 25 et 33 noeuds, la mer est désordonnée, il fait 6° dans le bateau et la température de l'eau est à 4°. Cela peut paraître curieux, mais ces contrées me plaisent bien. J'apprécie ce climat, j'aime quand il y a du vent, quand ça bouge... » Vieux renard des lieux, il attend son heure. Sans forcer outre mesure la machine pour passer l'Anglais Brian Thompson à tout prix. Le marin n'a pas envie de passer une deuxième fois à la caisse : la casse, il en a eu son lot.
• Aujourd'hui quatorzième, Bernard STAMM continue sa fantastique remontée vers la tête de la course. Au Salon Nautique de Paris, l'académicien Erik Orsenna, parrain du bateau de Bernard, est venu l'encourager. Morceaux choisis d'un dialogue savoureux entre les deux hommes :
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